On parle beaucoup d’économie circulaire actuellement. Est-ce le cliché du moment ou une tendance durable de l’économie actuelle ? Tentons de répondre à cette question sous l’éclairage de l’entreprise familiale TBRP qui fonctionne en économie circulaire depuis sa fondation dans les années 40. Interview croisée de Guillaume Butty, dirigeant de l’entreprise, et d’Arnold Petit, en charge des activités de services.
L’OFFICIEL HORLOGERIE & BIJOUTERIE : Que nous enseigne le parcours d’une entreprise comme TBRP ?
GUILLAUME BUTTY : Tout d’abord, TBRP est une entreprise familiale. A ce titre déjà, elle ne peut pas faire fi de l’avenir. Mon grandpère, Gérard Butty, l’a créée dans les années 40 en pleine seconde guerre mondiale. L’entreprise a connu de nombreuses crises depuis, de nombreux succès aussi. Mais elle s’est toujours inscrite dans le temps long, portée par des valeurs sociales et républicaines.
L’entreprise dont on hérite n’est finalement que le prêt qui nous en est fait par nos propres enfants. Là se niche le cœur de notre engagement qui ne vise rien d’autre que la préservation d’un monde vivable et enviable. Nos enfants portent en eux cette exigence et nous l’imposent.
L’OHB : Comment la création d’économie circulaire peut-elle aider à la pérennisation d’une entreprise ?
G. BUTTY : L’avenir d’une entreprise se conjugue en deux temps. Le premier est celui de l’économie réelle, la fabrication, l’achat et la vente de produits et services immédiats avec un business model rentable et correspondant aux attentes de nos clients. Le deuxième temps consiste à faire des investissements rentables et durables pour assurer l’avenir.
Le bon choix et le bon prix pour les faire sont fondamentaux car l’investissement durable est intimement lié au retour sur investissement. La durabilité, que vous ne souhaitez pas payer aujourd’hui, vous la payerez demain avec, pour seule différence, le manque à gagner de n’avoir pu utiliser l’appareil adéquat.
L’OHB : Aujourd’hui quel est l’ADN de TBRP ?
G. BUTTY : Depuis de nombreuses années déjà, TBRP développe, brique après brique, des services qui visent à aider notre écosystème HBJO à utiliser des solutions concrètes en faveur du recyclage, de l’économie circulaire et de la réduction de notre empreinte carbone.
L’OHB : Quelles sont ces briques environnementales ?
G. BUTTY : Au-delà des mots, l’économie circulaire exige des preuves tangibles. Et avant tout : l’empreinte carbone. En 2011, il y a quinze ans déjà, nous nous équipions d’une première voiture hybride. Aujourd’hui, notre flotte est en majorité électrique. Notre dernier bilan carbone a mis en lumière des axes d’amélioration clairs : achats responsables, slow logistique, moyens de transports décarbonés, et, au cœur de notre métier, une économie circulaire.
L’OHB : Comment se traduisent les effets concrets d’une économie circulaire dans votre activité ?
G. BUTTY : C’est d’abord une opportunité pour notre clientèle de passer par le marché des montres de seconde main ou de la transformation de bijoux. En ce qui concerne la distribution de produits et de services techniques, nous avons confié le développement de cette activité en 2023 à Arnold Petit. Depuis, nous avons professionnalisé une palette de services autour de ce thème.
L’OHB : Dans cette palette quelle est l’activité technique qui remporte le plus de succès ?
ARNOLD PETIT : Clairement, c’est le service après-vente. La réparation d’appareils et d’équipements est une activité en pleine expansion. Elle permet de remettre en circulation des équipements défectueux pour le compte de nos clients grâce à des actions correctives (réparation de produits ne fonctionnant plus) mais aussi des actions préventives (mise en place de contrats d’entretiens annuels) pour maintenir en bon état les produits.
Ces dernières années, cette activité a fait l’objet de nombreux investissements. A commencer par la formation de notre équipe pour être certifié réparateur agréé sur les meilleures marques du marché, mais également nos équipements avec la mise en place d’un atelier et d’une flotte de véhicules utilitaires pour intervenir chez les clients, ou encore un parc de matériels de location afin que nos clients puissent travailler pendant la réparation de leurs équipements dans nos ateliers. Le SAV est un contributeur net à la baisse de notre empreinte carbone.
L’OHB : Quels sont les autres contributeurs ?
A. PETIT : La vente de produits d’occasion avec une garantie de six mois : elle est alimentée par la reprise de matériels chez nos clients qui souhaitent remplacer leurs matériels par les dernières innovations. Ensuite la location de matériels répondant à des besoins ponctuels chez notre clientèle avec, par exemple, la fabrication de séries de pièces de plus en plus petites sur des périodes très courtes.
L’OHB : Avez-vous encore de nouveaux développements à venir ?
A. PETIT : La durée de vie des équipements dépend grandement de l’utilisation qui en est faite. En cela, nous avons obtenu, au début de l’année, la certification QUALIOPITM qui nous certifie comme organisme prodiguant des formations assurant une exploitation des équipements selon les meilleures règles de l’art.
Allonger la durée de vie des équipements par le SAV, maîtriser des achats responsables par l’utilisation de pièces de rechanges d’origine, former à une meilleure utilisation des équipements, fournir des solutions ponctuelles pour des besoins ponctuels par la location, sont autant de marqueurs qui nous permettront d’améliorer le bilan carbone de notre société et que nous déployons via l’accompagnement de l’ADEME ACT PAS à PAS. L’économie n’est pas qu’environnementale, c’est également l’assurance pour notre clientèle d’un retour sur investissement sécurisé.
M.T.
Contact : Arnold Petit
arnold.petit@tbrp.com
Tél. 06 99 20 70 18






