Tout au long de cette année 2025, l’OFFICIEL Horlogerie & Bijouterie fait le point sur les différentes familles de complications. Mais de quoi parle-t-on ? Pourquoi les complications sont-elles devenues des must-haves dans l’univers horloger ?
Selon la Fédération horlogère suisse : « une complication est une indication supplémentaire et différente de la simple donnée de l’heure ». Dans le cadre de cette définition, les complications sont traditionnellement rangées dans trois catégories : les calendriers, les chronographes et les sonneries. C’est clair, net, précis… bref, c’est suisse.
Et pourtant, les choses ne sont pas aussi simples. D’autres catégories peuvent être invoquées : complications majeures/ mineures, utiles, de fabrication, d’ergonomie, fuseaux horaires, indicateurs divers (réserve de marche, indicateur de fonctions), équipements spécifiques (thermomètre, baromètre, profondimètre, etc.) et même, désormais, fonctions connectées.
La liste est d’autant plus impressionnante que, fonctions connectées mises à part, ces complications reposent sur des mécanismes composés de roues, pivots, vis et autres composants minuscules. Et, bien sûr, sur le savoir-faire des horlogers. Elles auraient d’ailleurs contribué à la sauvegarde de la montre mécanique lors de la crise liée à l’arrivée du quartz dans les années 70 et 80.
Se différencier
En effet, les montres à quartz étant plus précises et bien moins chères, l’indication de l’heure ne suffisait plus à justifier l’achat d’une montre traditionnelle. Pour se différencier, certaines manufactures ont donc mis l’accent sur les complications, mettant en avant le savoir-faire de leurs artisans qui, au plus fort de la crise, étaient devenus une espèce en voie d’extinction. Grand bien leur en a pris puisque non seulement l’industrie horlogère a survécu, mais les complications sont devenues quasiment incontournables. Chacun ses goûts : de la plus poétique (phase de lune, répétition minute) à la plus utilitaire (GMT, chronographe).
Les complications existent depuis que la montre est montre. Comme si l’Homme ne pouvait se contenter de lire l’heure. Si elles sont aujourd’hui avant tout considérées comme des démonstrations du savoir-faire horloger, les complications ont d’abord été conçues pour répondre à un besoin. Ainsi, les sonneries permettaient de connaître l’heure sans la voir (rappelons que l’humanité a vécu pendant des millénaires sans électricité). Elles ont ensuite accompagné les progrès de la marine, puis la création et le développement de l’aviation et de l’automobile.
La fameuse Breitling Navitimer, créée par Willy Breitling dans les années 50, en est le parfait exemple. Son cadran, reconnaissable entre mille, est orné d’une multitude d’indicateurs permettant au pilote d’effectuer les calculs nécessaires à une bonne navigation. Car loin d’être une coquetterie, certaines complications ont pu se révéler salutaires pour les aviateurs ou les plongeurs.
Défi de taille
Aujourd’hui, les manufactures se sont lancées dans une course effrénée afin de démontrer leur maîtrise de l’art horloger. Vacheron Constantin détient, à ce titre, un double record : celui de la montre la plus compliquée avec la Berkley Grande Complication (63 complications) et celui de la montre-bracelet la plus compliquée, nommée Solaria Ultra Grande Complication (41 complications). Cependant, les horlogers se heurtent à un obstacle de taille… littéralement.
En effet, les mécanismes nécessaires à toutes ces complications prennent de la place. Deux solutions possibles : soit augmenter la taille du boîtier, soit diminuer la taille des composants. Mais si des marques comme Piaget ou Bvlgari rivalisent d’ingénierie pour proposer une montre toujours plus plate, les limites de la miniaturisation semblent presque atteintes.
Dans le prochain numéro, nous commencerons notre exploration des complications horlogères avec la famille des calendriers. Alors, save the date !
L.B.





