Paris, capitale mondiale de la joaillerie, accueille depuis quelques années les plus belles marques de joaillerie anglaise.
De Beers London, Graff, Garrard et David Morris : les grands noms de la joaillerie britannique illuminent de leurs créations et de leur signature so british l’univers parisien de la haute joaillerie. Jusqu’à présent, installée à New Bond Street, la haute joaillerie britannique brillait de mille feux pour ses clients milliardaires qui trouvaient en Angleterre de quoi assouvir leur soif de diamants et autres pierres précieuses. Plus riche, plus imposante, plus lourdement pavée de pierres d’exception pour sa richissime clientèle, cette haute joaillerie n’avait rien à envier à la française, qui semblait même timide en comparaison. Jusqu’en 2010, Londres et Paris se sont équitablement partagés le marché entre la place Vendôme et New Bond Street.
Mais le Brexit puis l’annulation du système de détaxes favorables aux visiteurs étrangers ont bousculé cet équilibre, auréolant la France d’un nouvel attrait pour les touristes fortunés. Cette situation a incité les joailliers britanniques à ouvrir de luxueuses boutiques à Paris. Spécialistes des gemmes grâce à leur accès historique privilégié aux mines indiennes, aux gisements africains de diamants et aux filons d’opales australiennes, les joailliers britanniques maîtrisent à merveille le savoir-faire de la joaillerie.
De l’Afrique du Sud à Paris
De Beers London, fondé en 2001 par le conglomérat sud-africain qui a dominé l’extraction du diamant pendant tout le XXe siècle, a ouvert cette année rue de la Paix à Paris une boutique dont la décoration rend hommage à l’épopée du diamant en Afrique du Sud. Des tranches de kimberlite (la roche mère dans laquelle se forme la gemme) aux paysages namibiens, botswanais et sud-africains qui ornent les murs, elle invite au voyage entre ses collections phares et ses fabuleux diamants de couleur.
De l’orange au vert, rose, bleu, taillée ou brute, la gemme reine éblouit par son éclat et sa gamme chromatique d’une étendue inouïe. Ainsi Vibrations, la dernière collection de haute joaillerie DeBeers London, a célébré la magie des étendues d’eau qui irriguent la Namibie dans un incroyable collier transformable orné d’un diamant fancy intense bleu.
La magie des diamants de couleur
Depuis sa création dans les années 60 par Laurence Graff, la maison Graff voue un culte aux diamants de couleur, n’hésitant pas à rebaptiser de son nom les magnifiques gemmes acquises au fil de son histoire. Son diamant de 105 carats, taillé en forme de poire et baptisé « Graff Vendôme » a notamment illuminé de ses feux la première boutique parisienne de Graff place Vendôme.
Son second écrin, rue Saint-Honoré, révèle aussi des trésors de pierres précieuses qui prennent tout leur sens montées sur des créations d’une pureté géométrique à couper le souffle, à l’instar d’un collier centré sur un saphir birman taille émeraude, non chauffé, de 31 carats.
Facétieuses et pleines d’esprit, les collections de haute joaillerie de David Morris illustrent toute la fantaisie du style britannique qui n’hésite pas à faire chanter les couleurs dans des compositions dont lui seul a le secret. Les diamants roses répondent aux diamants jaunes intenses, jouent avec les tourmalines Paraïba dans des mariages improbables. Son excentricité séduit. Multipliant les tours de force, il présente dans son boudoir parisien, rue Saint-Honoré, les pièces les plus spectaculaires.
Ses rivières de tourmalines enchantent, s’accordant avec des saphirs et des diamants de couleur dans un collier fleuve. Un saphir Paparadsha illumine de ses feux une bague sertie de diamants tandis que les perles fines jouent avec des gemmes multicolores les plus rares. Depuis 1962, son style, fait de légèreté et d’insouciance, multiplie les créations virtuoses, ourlées de diamants roses et serties de gemmes exceptionnelles, comme cette bague constellée de diamants vert fancy, rose et orange et surmontée d’une perle fine de 41,38 carats.
Garrard
Garrard, dernier arrivé à Paris s’enorgueillit d’avoir longtemps été le joaillier de la reine d’Angleterre. Premier joaillier officiel de la Couronne britannique, Garrard fabrique depuis des siècles des bijoux emblématiques et historiques. C’est d’ailleurs un diadème signé Garrard en 1893 qui pare la reine Elizabeth II sur les billets de banque britanniques.
Mais l’une de ses créations les plus connues reste sans aucun doute la bague de fiançailles de la princesse Diana, composée d’un saphir de 12 carats entouré de 14 diamants. Contrairement à la plupart des bagues de fiançailles royales, cette bague n’a pas été réalisée sur mesure, mais choisie dans les collections Garrard par la princesse de Galles. Aujourd’hui Garrard est distribué chez Heurgon rue Saint Honoré.
Quand ils ne créent pas des pièces uniques d’exception, les joailliers britanniques développent des lignes qui expriment leur talent et leur sensibilité dans des gammes à porter au quotidien. Lotus pour deBeers, Hoops ou Miss Daisy pour David Morris, Inspiration nature pour Graff avec des lignes papillons ou fleurs, ou encore bagues plumes qui glissent et s’étalent sur un ou deux doigts pour Garrard.
N.K.






