Véritable innovation dans le domaine horloger, la céramique High tech célèbre cette année ses 40 ans.

Mis au point par la maison suisse Rado, qui commence dès les années 60 à travailler sur ce projet, ce nouveau matériau a transformé l’horlogerie. Après un premier pas, en 1962 avec la DiaStar Original, première montre résistante aux rayures fabriquée en hard métal, Rado a poursuivi ses recherches pour développer un matériau qui combinerait solidité et légèreté, résistance et tactilité sensuelle, et bien sûr beauté, éclat et brillance. Après des années de travail, Rado lance en 1986 l’Integral, première collection de montres au monde fabriquée en céramique haute technologie, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de l’histoire de l’horlogerie et du bijou.

 

Grâce à ses propriétés exceptionnelles, dont une durabilité remarquable, une résistance aux rayures et une texture douce et soyeuse qui s’accorde à la température corporelle, la céramique offre aux bijoux comme aux montres une brillance inaltérable. Parée de céramique noire, l’Intégral et sa silhouette rectangulaire suscite dès sa sortie un raz de marée dans le design horloger de l’époque, transformant de façon éclatante l’image classique de la montre.

Pour célébrer les 40 ans de l’Integral et les quatre décennies de maîtrise de la céramique haute technologie, Rado réinterprète cette année les codes emblématiques de l’Integral original, dans une édition anniversaire à la pointe de l’innovation.

Innovation et maîtrise des matériaux

Résistante aux rayures, légère, hypoallergénique et brillante, la céramique est issue d’un processus de fabrication complexe qui allie la technique et la précision artisanale. Créée à partir de poudre de zirconium oxydé, pure et finement granulée, sa fabrication est séquencée en plusieurs étapes complexes.

 

Dans un premier temps, la poudre de zirconium oxydé pure, est mélangée avec des pigments pour obtenir des couleurs permanentes. Puis la pâte est injectée dans des moules, compactée à très haute pression (1000 bars) pour être ensuite frittée à très forte température (1450°C). La matière obtenue, dont la dureté de 1250 Vickers se rapproche de celle de l’acier, est usinée puis travaillée avec des outils diamantés pour révéler sa brillance et la profondeur de sa couleur.

Ponctuée d’étapes techniques et précises, sa production nécessite environ 5 à 6 semaines. Aujourd’hui Rado a élargi sa palette de couleurs à plus de 20 teintes, incluant des tonalités pastel, métalliques et plasma. La céramique plasma revêt un aspect métallique sans métal, grâce à un traitement à 20 000°C. Le céramos, quant à lui, est un composite, formé de 90% de céramique et de 10% d’alliage métallique. Léger et résistant aux rayures, il permet de créer des teintes métalliques comme l’or rose ou jaune.

Des propriétés uniques

Dotée de propriétés esthétiques et techniques très appréciées, la céramique est de plus en plus intégrée dans l’horlogerie. Sa durabilité, sa résistance aux rayures, sa légèreté, sa dimension hypoallergénique, constituent les atouts majeurs de ce matériau inorganique et non métallique, consolidé par un procédé de cuisson haute température.

Si Rado a été le pionnier, dans l’utilisation de cette matière, la plupart des marques de haute horlogerie, telles Rolex, Hublot ou IWC ont inclus la céramique dans la composition de leurs montres. Mais c’est certainement Chanel qui, avec la J12, lui a donné ses lettres de noblesse et sa dimension luxueuse.

La J12 : une montre avant-gardiste

Le XXIe siècle a débuté avec l’élégance et la dimension technique de la J12, icône de l’horlogerie Chanel née sous le crayon du regretté Jacques Helleu. Racée avec ses courbes tendues inspirées de l’univers de la voile et plus précisément des lignes des voiliers de l’America’s Cup, baptisés les « class J », cette montre unisexe a transformé la céramique high-tech en un matériau précieux, d’un noir profond.

En 2003, Chanel crée la surprise avec la J12 blanche composée d’une céramique opalescente, puis lance quelques années plus tard la J12 Chromatic à la couleur changeante, née de l’alliance du titane et de la céramique. La marque a ensuite développé Ultra, collection joaillière aux emmaillements en céramique noire ou blanche soulignés de diamants.

Dès lors, l’engouement pour la céramique n’a cessé de croitre. En 2007, Rolex en pare l’insert de lunette de sa GMT-Master II, tandis qu’Oméga lance la Seamaster Planet Ocean 600M avec une lunette en céramique, suivie en 2013 par la Speedmaster Professional « Dark Side of the Moon » au boîtier entièrement réalisé en céramique noire.

 

Audemars Piguet a doté sa Royal Oak Quantième perpétuel d’un boîtier et d’un bracelet en céramique blanche ou bleue et sa Royal Oak Offshore Chronographe d’un boîtier en céramique noire. De son côté IWC a développé un alliage de céramique et de titane appelé Ceratanium pour l’Aquatimer Calendrier Perpétuel, tandis que son édition Top Gun se distingue par son boîtier de 46,5 mm en céramique avec une pièce très réussie couleur sable « Mojave Desert ».

Maîtres absolus dans l’expertise de la céramique, Rado et Chanel dominent par leur savoir-faire la fabrication de ce matériau précieux désormais incontournable dans le secteur de l’horlogerie et de la bijouterie.

N.K.