Ils sont un maillon essentiel de la chaîne HBJO. Qu’ils soient indépendants ou salariés, les représentants maintiennent le lien entre les marques et les revendeurs. L’Officiel H&B est allé à leur rencontre pour évoquer les réalités et l’avenir du métier.
Et si les véritables ambassadeurs des marques n’étaient pas les égéries sur papier glacé mais les femmes et les hommes représentants qui sillonnent la France et jouent les intermédiaires entre elles et leurs revendeurs ? Salariés, VRP ou agents commerciaux, ils mettent leur talent et leur endurance au service de leurs « cartes ». Un métier contraignant mais aussi gratifiant, basé sur les relations humaines.
Une source de motivation importante réside dans la fierté de promouvoir de beaux objets de qualité, fruits d’une longue tradition de savoir-faire. Le revers de la médaille est que ces objets peuvent attirer les convoitises. La sécurité est donc un sujet sensible, encore exacerbé par l’envolée du prix de l’or. Sans sombrer dans la paranoïa, il faut comprendre que discrétion et prudence sont mères de sûreté. Au-delà de mesures de sécurité, il y a aussi des mesures de protection à envisager. Si les pièces sont habituellement assurées par les marques, il existe aussi des assurances spécifiques pour les représentants. Il existe aussi, pour se protéger, d’autres astuces que les initiés tiennent à garder secrètes.
les défis du métier
Par ailleurs, certaines évolutions, comme l’augmentation des frais de transport et la diminution du nombre de détaillants indépendants, ont pesé ces dernières années sur le métier de représentant. Mais si la profession se révèle vieillissante, les opportunités d’emploi sont toujours là. Reste que celles et ceux qui voudront tenter l’aventure ont intérêt à disposer d’une certaine trésorerie. De fait les agents commerciaux étant rémunérés à la commission et celle-ci étant versée après un délai parfois conséquent (30, 60 voire 90 jours), mieux vaut avoir un petit pécule de côté pour, d’une part, supporter les frais de déplacement et, d’autre part, attendre le versement des premières commissions. C’est pourquoi les jeunes recherchent plutôt des postes en VRP.
Au-delà des contraintes, la profession de représentants repose largement sur l’humain. Surtout dans le secteur HBJO, un petit monde où la confiance est une valeur cardinale. Des qualités telles que la rigueur et l’honnêteté seront ainsi fortement appréciées et le représentant indépendant débutant pourra développer son portefeuille, notamment grâce aux recommandations. Quoi qu’il en soit, le métier reste, selon les représentants interrogés, un métier d’avenir car il repose sur une valeur encore plus solide que l’or : l’humain.
Sylvie, salariée, Isabelle Langlois
« J’ai rencontré Isabelle Langlois chez H. Gringoire. Quand elle a créé sa marque, je l’ai suivie. Cela fait plus de 20 ans que je travaille pour la maison. Ce que j’aime dans le métier, ce sont les relations humaines : je côtoie les mêmes clients depuis des années, ils connaissent ma vie, je connais la leur. Cela renforce les liens. Aller à la rencontre des gens, que ce soit dans les boutiques ou durant les salons, est essentiel. Dans une maison comme Isabelle Langlois, il faut aussi être polyvalent. »
Éric, agent commercial indépendant
« Je suis dans le métier depuis plus de 40 ans et je n’ai toujours pas envie d’arrêter. J’ai juste adapté mon rythme de travail. Je suis en tournée trois jours par semaine. Je fais “l’escargot” : le premier rendez-vous est le plus éloigné géographiquement, puis je me rapproche petit à petit de mon lieu de résidence. La profession a bien sûr évolué : les frais de transport se sont envolés. Mais je reste persuadé qu’un jeune qui a le sens du contact et l’envie de voyager s’épanouira dans ce métier. D’autant que les marques sont en demande, notamment les marques étrangères qui cherchent à s’implanter en France. »
L.B.






