Diamants « naturels », « synthétiques », « de laboratoire », « artificiels »… Il est loin le temps où le diamant était simplement « éternel ». Depuis l’arrivée en masse des lab-grown diamonds sur le marché, on en perd son latin. Une mise au point terminologique s’impose.

En France, les lab-grown diamonds doivent être appelés « diamants de synthèse » ou « diamants synthétiques » et non « diamants de laboratoire » ou toute autre appellation. Une décision officielle du Ministère de l’Économie et des Finances a été prise en octobre 2023 : elle se fonde sur le décret n°2002-65 du 14 janvier 2002 « relatif au commerce des pierres gemmes et des perles ». Le terme « diamant » tout court doit forcément qualifier les diamants naturels.

L’objectif principal est la protection du consommateur. Si les lab-grown diamonds ne sont en rien dangereux ou illégaux, l’expression « diamants de laboratoire » renvoie une image plutôt éloignée de la réalité. En effet les diamants de synthèse sont, en grande majorité, produits dans de grandes usines situées en Inde, en Chine ou aux États-Unis, et non dans des laboratoires tels qu’on se les imagine.

 

Il existe deux méthodes de production : la méthode HPHT (Haute Pression Haute Température) qui vise à recréer les conditions de formation naturelles du diamant et la méthode CVD (pour Chemical Vapour Deposit, dépôt en phase va peur) qui permet d’extraire le carbone contenu dans le méthane en transformant le gaz en plasma. Ces deux méthodes, et en particulier la première, consomment de l’énergie, notamment de l’électricité. L’idée selon laquelle les diamants de synthèse seraient plus vertueux pour la planète, voire écologiques, est donc à relativiser.

Natural Diamond Council

En se montrant rigoureuse sur les appellations, la France a pris position. Elle serait un modèle à suivre pour certains organismes, comme le Natural Diamond Council, désireux de bannir définitivement le terme lab-grown diamond. Dans le même esprit, le GIA n’applique plus les fameux 4C aux diamants de synthèse. Le laboratoire HRD d’Anvers refuse même de les certifier. Mais tout le monde n’est pas du même avis. En Inde, le gouvernement a validé l’utilisation du terme laboratory-grown diamond.

L’IGI (International Gemological Institute), quant à lui, a réaffirmé sa volonté de certifier les diamants de synthèse de la même façon que les diamants naturels, avec les 4C. Derrière cette question de terminologie se cachent en fait des enjeux économiques conséquents. Le marché du diamant oppose aujourd’hui défenseurs de la gemme naturelle et promoteurs de la pierre de synthèse. Aux consommateurs d’arbitrer, à condition bien sûr qu’ils soient bien informés.

L.B.