Que ce soit par contrainte économique, défi créatif ou affinité personnelle, les créateurs du secteur HBJO cherchent de plus en plus à échapper à l’hégémonie de l’or et de l’argent. Passage en revue de quelques-unes de ces alternatives. Certaines pourraient bien vous surprendre.
En janvier 2026, la marque de bijouterie danoise Pandora annonçait que ses bracelets les plus vendus seraient produits en plaqué platine, selon un procédé déjà utilisé pour ses pièces en plaqué or. Des alternatives qui fait suite à l’envolée du prix de l’argent, initiée fin 2025 et qui a atteint un pic fin janvier. Cette décision présente un double intérêt : réduire la dépendance à l’argent, dont le cours reste très volatil, et bénéficier de la bonne réputation du platine auprès du public.
Pourtant, son nom vient de l’espagnol platina qui signifie « petit argent », autrement dit « sous-argent ». Autre paradoxe : les bijoux et montres en platine sont plus chers que leurs équivalents en or, alors que le cours du platine est bien inférieur à celui de l’or. Explication : le platine est beaucoup plus difficile à travailler que l’or. Néanmoins, l’utilisation du platine en très fines couches et l’installation de la production dans les usines de Pandora, situées en Asie du Sud-Est, devraient compenser les coûts de matière et de fabrication.
Le vermeil connaît également un retour en grâce, que ce soit en bijouterie, en horlogerie (les montres Cartier Must en vermeil sont très cotées) ou en orfèvrerie. C’est le choix qu’a fait la société Thabora, qui propose une large gamme de bijoux en vermeil.
D’autres alternatives dans les métaux, non précieux, sont très appréciés, à commencer par l’acier. Souvent associé aux bijoux de piercing ou aux bijoux masculins, l’acier peut aussi donner lieu à des créations féminines, tout en finesse et en élégance, comme celles proposées par la marque allemande Coeur de Lion. Il peut également être recouvert d’une couche d’or ou d’argent, pour un rendu plus précieux.
Les alternatives dans les métaux
Déjà utilisé en horlogerie, le titane représente une alternative intéressante. Plus léger que l’or, il demande cependant une technique d’usinage plus poussée. Des métaux moins connus peuvent aussi être utilisés comme le tungstène ou le tantale. C’est le choix qu’ont fait Prescillia Firon et sa soeur, Maëva Brient. En octobre 2024, elles ont lancé Black is Lack, une marque d’alliances qui affiche la couleur : le noir. Ductile, malléable mais avec un point de fusion de près de 3 000° C, le tantale n’est pas sans poser quelques défis.
Mais le résultat est saisissant. Autre possibilité, qui séduit de plus en plus de marques, tous segments confondus : remplacer des chaînes de bracelets ou de colliers par des cordons en tissu. Certaines marques de luxe comme Messika ou Dinh Van n’hésitent plus à suspendre des charms ou des pendentifs précieux à des cordons colorés.
Les grandes maisons
Le bracelet Force 10 de la maison FRED est un parfait exemple du mélange des matières. Il a été inventé par Henri Samuel, fils de « Monsieur Fred », le fondateur, à partir d’un bout de câble de marine noué, par jeu, au poignet de son épouse. Le câble en acier se voit agrémenté de rivets en or. Aujourd’hui, il peut être remplacé par un cordage en fibres de couleur, toujours en référence au monde de la voile.
Dernière possibilité pour alléger la facture : continuer à utiliser de l’or, mais en choisissant un autre titre. En France, les bijoux en or sont traditionnellement en 18 carats 750 ‰. Mais l’usage est différent dans d’autres pays, qui privilégient le 14 carats 585 ‰. Ainsi, la marque LP Créations offre une large gamme de bijoux en or 14 k. Une manière astucieuse d’allier préciosité et prix raisonnés. Bien que fortement touché par l’envolée des prix des métaux précieux, le secteur HBJO ne manque pas de ressources pour s’adapter et continuer, encore et toujours, à nous faire rêver.
L.B.






