Les envies en matière de joaillerie évoluent, portées par un nouvel art de vivre, une mode plus souple et plus colorée, la tendance des cheveux longs que l’on peut coiffer en chignons. Ainsi, en 2026, de nouvelles pistes d’exploration apparaissent dans de nombreux domaines, ouvrant des champs d’investigation inexplorés pour les bijoux.
Après les perles japonaises reconnues dans la joaillerie pour leur blancheur et les perles de Tahiti aux tonalités grises, du tourterelle au violet aubergine, les consommateurs recherchent des perles aux volumes plus imposants. Pour Alain Boite, le négociant parisien réputé pour la qualité de ses sélections, « les Français apprécient maintenant les grosses perles, car la vogue des perles de Tahiti les a initiés à ces nouveaux volumes ».
Aujourd’hui, qu’elles soient blanches, grises, noires ou gold, les perles de plus de 15 mm sont très recherchées sur les marchés asiatiques et américains, ainsi qu’en Europe centrale et de l’Est. Au Moyen Orient, une nouvelle tendance pour les bijoux aux volumes affirmés et multicolores se dessine, mêlant sans complexe perles des mers du sud et perles d’eau douce. Les blanches et les gold, issues de la Pinctada maxima, peuvent atteindre au maximum 15 mm de diamètre, voire 20 mm pour les pièces exceptionnelles, tandis que les perles grises et noires de Tahiti dépassent rarement les 18 mm, rendant plus difficile et plus désirable encore la chasse aux spécimens de belle qualité, exempts de défauts et dotés d’un lustre remarquable.
Le cabochon
Le cabochon, dont le mot vient de caboche – la tête –, fait référence à la forme spécifique d’une gemme composée d’une base plate et d’un volume surélevé et arrondi, en forme de dôme. Considéré comme la plus ancienne technique de taille dans l’histoire de la joaillerie, le cabochon demeure une taille rare dans l’univers du diamant essentiellement apprécié pour sa brillance. Ceci explique pourquoi au cours de l’histoire, la taille en facettes s’est imposée pour magnifier son éclat.
Cependant, avec un diamant gris, noir ou blanc laiteux, la taille cabochon s’avère particulièrement ingénieuse. Le négociant Dynamic International, qui exposera un diamant cabochon de 12 carats à GemGenève, en a fait sa signature. Mais d’autres marques, comme Bulgari ou encore Vhernier, explorent avec succès l’élégance et la richesse du cabochon, qui apporte beaucoup de fraîcheur aux bijoux.
Retour en force des tailles non standard
L’essor des réseaux sociaux a indiscutablement contribué à révéler l’existence des tailles inhabituelles. Si les formes poire, les pierres asymétriques et les tailles octogonales enregistrent un intérêt croissant, la demande pour les tailles Old Mine est également en progression, avec des consommateurs qui privilégient l’individualité à l’uniformité ainsi que les bijoux riches d’histoires.
Longtemps délaissés au profit de la brillance moderne, les diamants taille ancienne reviennent dans les créations tandis que la taille Rose Cut et les gemmes plates inspirées des bijoux moghols, séduisent par le charme qui se dégage de leurs facettes imparfaites aux légères irrégularités. Les diamants salt & pepper, identifiables à leurs nuances mêlant le blanc, le gris et le noir, connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt. Leur esthétique brute touche une nouvelle génération d’acheteurs qui cherche à rompre avec les codes traditionnels du luxe. Entre leurs inclusions assumées et leur effet moucheté, ils attirent une clientèle mixte, sensible à leur beauté singulière et à leurs prix plus accessibles que ceux des diamants blancs classiques.
Pierres recyclées
Aujourd’hui, la durabilité n’est pas seulement un concept à la mode, c’est aussi un axe de création. Certains, comme Herbert Stephan KG, utilisent des « chutes » de pierres brutes ou des gemmes présentant de légers défauts de surface, pour redonner vie à des pierres dures issues de surplus de production, sculptées de symboles chargés de sens. L’agate, le jaspe, mais aussi la turquoise, le lapis-lazuli, la malachite, l’oeil de-tigre ou encore l’hématite reprennent forme sous ses mains expertes.
D’autres, à l’instar de Rouvenat, chinent des bijoux anciens dont ils démontent les pierres pour les inclure dans leurs propres collections, offrant à chaque bijou une personnalité unique et une histoire de transmission. Incarnation du luxe discret, la tradition des bijoux de cheveux réapparaît aussi sous l’influence de la mode des cheveux longs que l’on peut porter lâchés ou attachés. Ainsi les ornements de cheveux connaissent un véritable regain d’intérêt, se déclinant en épingles, barrettes empierrées, pinces serties, pour parer les chignons et autres coiffures.
Les nouvelles tendances dans l’univers de la joaillerie, dérivées de la mode, des contraintes actuelles et des envies de la nouvelle génération, se racontent en bijoux.
N.K.








