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Crowdfunding DUODECI, première plateforme dédiée à la joaillerie

DUODECI est une plateforme dédiée à la joaillerie. C’est un projet ambitieux et une première. L’OHB a interviewé son fondateur Arnaud Pradat, Meilleur Ouvrier de France en joaillerie, métier qu’il pratique et enseigne depuis 20 ans. Mais tout d’abord, revenons sur ce qu’est au juste le crowdfunding.

Le crowdfunding, qui signifie financement participatif, a vu le jour aux États-Unis avec le lancement de la plateforme Kickstarter en 2009. Il existe aujourd’hui dans le monde plus de 300 plateformes de crowdfunding. Comme son nom l’indique, il s’agit de collecter des fonds pour une cause (humanitaire le plus souvent) ou privée via une plateforme Internet. Les contributeurs au projet peuvent ainsi suivre collectivement la trace, la destination et l’efficacité de leurs dons. Le financement se fait sous forme de dons avec ou sans contrepartie, de prise de participation dans la société destinataire des fonds ou d’un prêt, avec ou sans intérêts. La réussite est évidemment liée à la très bonne préparation du projet en amont : idée séduisante, concept innovant, capacité à bien communiquer sur les réseaux sociaux, existence d’un storytelling bien construit…

L’Officiel Horlogerie & Bijouterie : Quel est l’objectif de votre démarche ?
Arnaud Pradat :
L’objectif est de lancer de jeunes créateurs de joaillerie, de leur permettre de signer leur joaillerie et de se faire connaître. Notre site leur servira de vitrine. Actuellement, ils doivent passer par les grandes maisons qui recrutent mais s’il y a beaucoup de candidats, il y a bien peu d’élus. Et lorsqu’ils ont la chance d’être repérés, leur nom n’apparaîtra jamais. Une chose me tient à coeur : que les créateurs signent leurs bijoux et qu’ils soient identifiés.

L’OHB : Qui sont les créateurs et comment les sélectionnez-vous ?
A. Pradat :
Ils viennent de tous les pays, nous les sélectionnons d’après la qualité et la créativité de leurs dessins, que nous mettons en ligne. Chacun a droit à 8 dessins et il y aura une interaction avec les internautes. Ceux-ci vont voter pour élire les meilleurs dessins, qui seront ensuite fabriqués. Nous voulons créer la demande et non partir de l’offre comme cela se fait actuellement. Les clients pourront sélectionner leur bijou sur dessin, éventuellement choisir une autre pierre de centre. C’est une approche collaborative de la joaillerie qui est tout à fait nouvelle.

L’OHB : De quel type de joaillerie s’agit-il ?
A. Pradat :
Nous ne travaillerons qu’avec des créateurs de haute joaillerie, pour des pièces dont les prix iront de 12 000 à 80 000 € environ, mais à des prix totalement différents de ceux de la place Vendôme, car les bijoux seront fabriqués par les ateliers directement. Chaque modèle sera limité à 8 exemplaires au maximum et chaque pièce aura son histoire. Le client aura des informations très précises sur le bijou qu’il achètera, son créateur, les artisans impliqués, les étapes de fabrication. Il verra vivre et évoluer la réalisation de sa pièce, à laquelle nous allons donner vie. C’est une nouvelle relation entre le créateur et le client qui s’installe, personnalisée, pleine de sens et d’émotion pour ce dernier.

L’OHB : N’avez-vous pas peur des copies ?
A. Pradat :
Non car bien entendu, tous nos dessins sont déposés en amont.

L’OHB : Comment allez-vous faire connaître les créateurs ?
A. Pradat :
En plus de notre plateforme qui leur servira de vitrine, nous organiserons des événements pour les faire connaître à des moments de l’année où clients VIP et journalistes sont à Paris, comme la Fashion Week par exemple. À terme, nous exposerons dans de grandes villes étrangères où la clientèle de haute joaillerie se trouve naturellement. Notre site sera traduit en plusieurs langues.

L’OHB : Où seront fabriqués les bijoux ?
A. Pradat :
En France, car nous vendons aussi le Made in France, réputé dans le domaine de la belle facture joaillière. C’est aussi une façon de valoriser notre savoir-faire, nos métiers d’art, de les faire connaître et de les faire vivre.

L’OHB : Que vous a apporté le crowdfunding via la plateforme Ulule ?
A. Pradat :
Nous avons collecté environ 13 000 €, ce qui nous a permis de démarrer le projet – nous y travaillons depuis 2 ans – et d’éditer un premier (beau) livre en décembre qui est un annuaire des créateurs. Ce livre sera envoyé aux contributeurs qui l’ont choisi. Nous pourrons aussi financer nos opérations de communication. I.H.